Un nouveau développement majeur est intervenu dans l’enquête sur l’attentat antisémite de la rue des Rosiers à Paris, perpétré en 1982. Le Palestinien Hicham Harb, considéré comme l’un des suspects dans cette affaire, a été remis à la justice française ce jeudi 16 avril 2026 après avoir été extradé par l’Autorité palestinienne.
Selon le Parquet national antiterroriste (Pnat), le suspect est arrivé dans la soirée sur le territoire français où il a immédiatement été pris en charge par les autorités judiciaires. Cette extradition marque une étape importante dans la quête de vérité autour de cet attentat qui demeure l’un des actes antisémites les plus marquants de l’histoire récente de la France.
Le 9 août 1982, une attaque meurtrière avait visé le restaurant Jo Goldenberg, situé dans le quartier historique du Marais à Paris. L’attentat s’était déroulé en deux temps : une grenade avait d’abord été lancée dans l’établissement, suivie d’une fusillade menée par un commando composé de trois à cinq individus armés.
Le bilan de cette attaque avait été particulièrement lourd : six personnes avaient perdu la vie et vingt-deux autres avaient été blessées. L’événement avait profondément marqué la communauté juive de France et suscité une vive émotion dans tout le pays.
Les investigations menées au fil des années ont attribué la responsabilité de cet attentat au groupe palestinien dissident Fatah-Conseil révolutionnaire, dirigé à l’époque par Abou Nidal. Cette organisation était une faction dissidente de Organisation de libération de la Palestine (OLP) et a été impliquée dans plusieurs attaques terroristes internationales durant les années 1980.
L’extradition de Hicham Harb intervient dans un contexte diplomatique particulier entre la France et l’Autorité palestinienne. En effet, le président palestinien Mahmoud Abbas avait publiquement annoncé, lors d’un entretien accordé au quotidien Le Figaro à la fin de l’année 2025, son intention de remettre le suspect aux autorités françaises.
Selon lui, la reconnaissance par la France de l’État de Palestine en septembre 2025 avait permis de créer un cadre politique favorable à la coopération judiciaire entre les deux parties.
Toutefois, cette procédure d’extradition ne fait pas l’unanimité. Certains avocats contestent la régularité juridique de la démarche. Me Romain Ruiz, avocat de Abou Zayed, l’un des autres suspects dans ce dossier, a dénoncé ce qu’il considère comme un contournement des règles de procédure.
Selon lui, l’absence de convention formelle d’extradition entre la France et l’Autorité palestinienne soulève des interrogations sur la légalité de la procédure engagée.
Malgré ces contestations, les autorités françaises entendent poursuivre l’instruction afin d’établir les responsabilités dans cette attaque qui, plus de quarante ans après les faits, continue de symboliser la lutte contre le terrorisme et l’antisémitisme.
L’arrivée de Hicham Harb en France pourrait ainsi relancer une affaire longtemps restée marquée par des zones d’ombre et offrir une nouvelle étape dans la recherche de justice pour les victimes de l’attentat de la rue des Rosiers.

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