À l’occasion de la Journée internationale de la paix, célébrée le 21 septembre 2026, l’Office de la protection du citoyen (OPC) a organisé un forum citoyen consacré à la participation et à l’engagement de la population dans la construction de la paix.
La rencontre s’est déroulée à l’hôtel Karibe Convention Center, à Pétion-Ville, autour du thème « Investir dans la paix pour tous, partout, chaque jour », Plusieurs représentants d’institutions publiques, du système des Nations unies et de la société civile ont pris part aux échanges, notamment des délégations du ministère de la Planification et de la Coopération externe et du ministère de la Justice et de la Sécurité publique.
À l’ouverture des travaux, le protecteur du citoyen, Jean Wilner Morin, a rappelé la portée de cette journée internationale instituée par l’Assemblée générale des Nations unies en 1981.
Il a souligné que la promotion de la paix ne doit pas se limiter à une commémoration annuelle, mais doit s’inscrire dans une démarche permanente impliquant les institutions et l’ensemble de la population.
Selon le responsable de l’OPC, la paix en Haïti doit notamment passer par la défense des droits fondamentaux, l’accès à la justice, le respect de la dignité humaine, la bonne gouvernance et la participation citoyenne.
Jean Wilner Morin a également mis l’accent sur la nécessité de renforcer la confiance entre les citoyens et les institutions, tout en privilégiant le dialogue et les mécanismes pacifiques de règlement des différends.
Le forum a permis de présenter plusieurs expériences locales liées à la prévention des conflits et au renforcement de la cohésion sociale. Les discussions ont notamment porté sur les comités mixtes de suivi, de mobilité et de transparence, les observatoires de lutte contre la corruption, les clubs de paix et les plateformes regroupant des organisations féminines.
Pour l’OPC, ces initiatives témoignent de la capacité des communautés à participer activement aux efforts de prévention et de consolidation de la paix. Dans son intervention, Paul Ruddy Mentor, directeur de cabinet de la ministre de la Planification et de la Coopération externe, a appelé à élargir la compréhension de la notion de paix.
Il a expliqué que celle-ci ne saurait être abordée uniquement sous l’angle de la sécurité, puisqu’elle est également liée à la justice, au développement, à la dignité humaine et aux conditions de vie de la population. Il a cité, parmi les domaines nécessitant des investissements, l’éducation, la santé, l’emploi, l’agriculture, les infrastructures, l’entrepreneuriat et la protection sociale.
Paul Ruddy Mentor a également insisté sur le lien étroit entre la paix et le développement, estimant que les deux dimensions doivent être prises en compte dans les politiques publiques. Il a plaidé en faveur d’un dialogue national permanent, capable de dépasser les périodes de crise et de favoriser la recherche collective de solutions.
La coordonnatrice résidente du système des Nations unies en Haïti, Nicole Flora Boni Kouassi, a, pour sa part, insisté sur la nécessité d’un engagement durable de tous les secteurs de la société. Elle a souligné que le contexte actuel du pays exige une mobilisation collective et une implication accrue des institutions, des organisations de la société civile et des communautés.
Selon elle, les femmes, les jeunes, les responsables communautaires et religieux, les partenaires du développement ainsi que les citoyens ont chacun un rôle à jouer dans la construction d’une architecture nationale de paix.
Nicole Flora Boni Kouassi a également encouragé la reconnaissance et le renforcement des initiatives citoyennes contribuant à promouvoir une culture de paix et à consolider la cohésion sociale.
Elle a rappelé que la paix ne se construit pas uniquement dans les espaces de négociation, mais également dans les écoles, les quartiers, les familles et les communautés. Dans la même dynamique, le directeur général du ministère de la Justice et de la Sécurité publique, Jean Fallières Bazelais, a appelé à une mobilisation collective face aux violences qui affectent le pays.
À travers ce forum, l’OPC entend renforcer son action en faveur de la participation citoyenne, de la bonne gouvernance, de la redevabilité et de la protection des droits humains.
L’institution a également salué l’accompagnement du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), ainsi que la contribution des différents partenaires engagés dans les initiatives de paix. Au terme des échanges, l’accent a été mis sur la nécessité de transformer les recommandations issues du forum en actions concrètes et mesurables.
Pour les organisateurs, la construction d’une paix durable en Haïti demeure une responsabilité partagée qui nécessite le dialogue, la justice, la solidarité et une participation active de toutes les composantes de la société.

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