Port-au-Prince, le 21 août 2026 La Banque de la République d'Haïti (BRH) a publié ce vendredi son taux de référence officiel, fixant la gourde à 130,7256 unités pour 1 dollar américain. Ce chiffre, bien qu'en légère accalmie par rapport aux sommets enregistrés plus tôt dans l'année, continue de planer comme une épée de Damoclès sur le pouvoir d'achat des ménages haïtiens.
L'écart persistant entre ce cours officiel et le taux parallèle (souvent plus élevé dans les rues de Port-au-Prince) demeure un casse-tête pour le régulateur. Cette valorisation reflète une intervention modérée de la BRH sur le marché des changes, visant à juguler l'inflation importée. Cependant, la dépendance chronique du pays aux importations, notamment pour les denrées alimentaires et les hydrocarbures, annihile une grande partie de ces efforts. Chaque fluctuation du billet vert répercute instantanément son onde de choc sur le coût du panier de la ménagère.
Dans les zones métropolitaines, les consommateurs constatent déjà une hausse des prix du riz, de l'huile et des produits laitiers, les importateurs répercutant le coût du dollar. Les transferts de fonds de la diaspora, bien qu'essentiels, perdent en valeur réelle une fois convertis, pénalisant des milliers de familles dépendantes de ces envois. Les opérateurs économiques, quant à eux, dénoncent une pénurie de liquidités en devises qui freine l'investissement et la relance post-crise.
Les analystes projettent que ce taux pourrait fluctuer entre 128 et 135 gourdes d'ici la fin du trimestre, en fonction de la stabilité politique et des prix du pétrole sur le marché international. Face à cette érosion monétaire, la BRH exhorte à une réduction de la dépendance au dollar dans les transactions locales. En ce 21 août, le seuil symbolique de 131 gourdes est surveillé de près, car il conditionne la trêve sociale fragile dans un pays où le coût de la vie reste le premier moteur de mécontentement.

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