Ce 10 juillet 2026, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a fixé le taux de référence du dollar américain à 130,4977 gourdes pour 1 USD. Ce chiffre, publié ce matin, confirme la tendance haussière observée depuis plusieurs semaines sur le marché des changes. En glissement hebdomadaire, la gourde a perdu près de 1,2 % de sa valeur face au billet vert, sous l’effet conjugué de la demande importatrice et des tensions sur les réserves de change.
Les opérateurs économiques notent que ce seuil psychologique des 130 gourdes, franchi depuis début juillet, alourdit déjà la facture des intrants alimentaires et des matières premières. Dans les marchés informels, le cours oscillait ce matin entre 132 et 135 gourdes pour un dollar, creusant un écart significatif avec le taux officiel. Cette disparité reflète la méfiance persistante des acteurs économiques et la raréfaction des devises dans le circuit bancaire classique.
Pour les ménages haïtiens, cette dépréciation se traduit par une hausse immédiate des prix du riz, de l’huile et du carburant, dont les coûts sont indexés sur le dollar. Les transporteurs publics ont déjà annoncé un ajustement des tarifs dans les prochains jours. Les petites et moyennes entreprises, qui importent 70 % de leurs approvisionnements, voient leurs marges se réduire dangereusement, certaines reportant leurs commandes en attendant une éventuelle accalmie.
Du côté des autorités monétaires, la BRH maintient sa politique d’interventions ciblées sur le marché des changes, mais les effets restent limités face à une demande structurellement supérieure à l’offre. Les transferts de la diaspora, bien qu’en légère hausse ce mois-ci, ne suffisent pas à compenser le déficit commercial chronique. Les exportations, principalement agricoles et textiles, peinent à générer des devises suffisantes en raison des contraintes logistiques et de la concurrence régionale.
Les analystes financiers prévoient que ce taux pourrait atteindre 135 gourdes d’ici la fin du troisième trimestre si aucune mesure structurelle n’est prise. Ils appellent à une diversification des sources de devises, à un assainissement des finances publiques et à un dialogue renforcé avec le Fonds monétaire international. En attendant, les consommateurs s’adaptent en réduisant leurs dépenses non essentielles, tandis que les commerçants stockent prudemment pour se prémunir contre de nouvelles flambées.
Ce 10 juillet restera une date clé pour l’économie haïtienne, rappelant l’urgence d’une stratégie durable pour stabiliser la monnaie nationale. La prochaine réunion de politique monétaire, prévue fin juillet, sera scrutée avec attention pour d’éventuelles mesures de soutien à la gourde.

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