Port-au-Prince, le 2 juillet 2026 L’ancien élu de la circonscription de Delmas/Tabarre, Arnel Bélizaire, a recouvré la liberté ce mercredi, à l’issue de son interrogatoire devant le magistrat instructeur Loubens Élysée. Une décision de non-lieu à maintien en détention a été prise par le juge, qui a ordonné sa libération immédiate au terme de l’audition menée au palais de justice.
Cette issue judiciaire met un terme provisoire à une détention entamée au mois de mars dernier. À l’époque, l’ancien parlementaire avait été interpellé par les autorités dans le cadre d’une enquête particulièrement sensible pour le climat politique du pays. Les charges retenues contre lui étaient alors d’une gravité exceptionnelle : financement présumé d’activités terroristes et participation à un complot visant à compromettre la sûreté intérieure de l’État.
Durant plusieurs semaines, son incarcération avait suscité de vives réactions dans la sphère politique locale, certains dénonçant une instrumentalisation de la justice, d’autres saluant une fermeté nécessaire face aux menaces sécuritaires. L’instruction menée par le juge Élysée, connue pour sa rigueur, semble avoir conduit à un réexamen des éléments à charge.
Selon des sources proches du dossier, l’audition de ce mercredi aurait permis à l’ex-député de fournir des explications jugées suffisamment cohérentes pour écarter, à ce stade, les soupçons les plus lourds. Toutefois, cette libération n’équivaut pas à un classement définitif de l’affaire. Elle signifie que le magistrat instructeur n’a pas retenu les motifs de détention provisoire, mais l’enquête pourrait se poursuivre sous d’autres formes, notamment par des confrontations ou des expertises complémentaires.
Me Bélizaire, qui a toujours clamé son innocence, quitte donc la prison sans condition particulière, bien que son statut demeure celui d’un mis en examen dans une procédure en cours. Ses avocats ont salué une décision « conforme au droit et à l’équité », tandis que le parquet, qui dispose encore d’un délai pour faire appel, n’a pas encore officiellement réagi.
Cette affaire, lourde de sous-entendus politiques, continue de diviser l’opinion publique dans un climat déjà marqué par une insécurité chronique et des tensions institutionnelles. La libération de l’ancien député de Delmas/Tabarre intervient à un moment où les autorités judiciaires multiplient les signaux d’une volonté d’apaisement, sans pour autant renoncer à la lutte contre les réseaux criminels.
Reste à savoir si cette décision contribuera à désamorcer les crispations ou si elle ravivera, au contraire, les polémiques sur l’indépendance de la justice en Haïti. En attendant, Arnel Bélizaire regagne son domicile, libre mais toujours sous le coup d’une information judiciaire qui n’a peut-être pas livré tous ses secrets.

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