Invité à intervenir dans les locaux de l'Assemblée nationale française, le Protecteur du Citoyen a pris la parole lors d'un panel consacré à la défense du droit à la vie et aux avancées réalisées en matière d'abolition de la peine de mort à travers le monde.
Au cours de son intervention, intitulée « Le droit à la vie et l'abolition de la peine de mort en Haïti : un engagement à préserver », Me Jean Wilner Morin a rappelé que le droit à la vie constitue le socle fondamental de l'ensemble des droits humains. Il a souligné que ce principe est consacré par les principales conventions internationales relatives à la protection des droits de la personne et qu'il impose aux États l'obligation de garantir la sécurité et la protection de toute vie humaine contre toute atteinte arbitraire.
Évoquant l'évolution du cadre juridique haïtien, il a mis en évidence les progrès accomplis par le pays en matière de protection des droits fondamentaux. Il a rappelé que la peine de mort a été supprimée par la Constitution du 29 mars 1987 avant d'être définitivement retirée de l'arsenal juridique national par le décret du 30 juin 1988, consacrant ainsi l'engagement irréversible d'Haïti en faveur du respect de la dignité humaine.
Le Protecteur du Citoyen a toutefois insisté sur le fait que l'abolition de la peine capitale, bien qu'importante, ne suffit pas à garantir pleinement le droit à la vie. Selon lui, les multiples crises auxquelles fait face Haïti compromettent sérieusement l'effectivité de ce droit fondamental.
Il a notamment attiré l'attention sur la dégradation du climat sécuritaire, la montée en puissance des groupes armés, les violations répétées des droits humains ainsi que les nombreuses faiblesses du système judiciaire, qui contribuent à installer un climat d'impunité préoccupant.
Me Jean Wilner Morin a également dénoncé la recrudescence des exécutions extrajudiciaires, des actes de justice populaire et des lynchages, rappelant que ces pratiques violent gravement les principes de l'État de droit ainsi que les engagements internationaux souscrits par Haïti.
Dans son allocution, il a insisté sur la responsabilité des autorités publiques de mettre en œuvre des politiques efficaces visant à prévenir les exécutions sommaires, à poursuivre les auteurs de violations des droits humains et à combattre l'impunité sous toutes ses formes.
Le Protecteur du Citoyen a également plaidé pour un accès équitable à la justice pour toutes les victimes, estimant qu'une justice indépendante, impartiale et accessible demeure indispensable pour assurer la protection des libertés fondamentales.
Selon lui, la restauration de la confiance entre les citoyens et les institutions passe nécessairement par un renforcement durable de l'État de droit et par une réforme profonde du système judiciaire haïtien.
En conclusion, Me Jean Wilner Morin a réaffirmé que la protection du droit à la vie demeure l'un des piliers essentiels de toute société démocratique. Il a appelé à une mobilisation nationale et internationale afin d'accompagner Haïti dans ses efforts visant à consolider ses institutions, renforcer la justice et garantir le respect effectif des droits humains pour l'ensemble de la population.

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