Ce lundi 13 juillet 2026, la Banque de la République d’Haïti (BRH) a publié son taux de référence quotidien pour le dollar américain. Le cours officiel s’établit à exactement 130,4344 gourdes pour 1 dollar USD. Ce chiffre, bien que technique, est le thermomètre principal de la santé économique du pays.
En ce milieu d’année, ce taux reflète une pression persistante sur la monnaie nationale. Il intervient dans un contexte de tensions sur les réserves de change et de ralentissement des entrées de devises. Les opérateurs économiques scrutent ce taux avec attention, car il influence directement les prix des produits importés.
Comparé aux semaines précédentes, on observe une légère dépréciation de la gourde, d’environ 0,15 %. Cette variation, bien que modeste, alourdit la facture des importations de denrées de première nécessité. Le pétrole, le riz, la farine et les médicaments verront leurs coûts augmenter dans les jours à venir.
Sur le marché parallèle, les écarts se creusent. Les bureaux de change affichent des cours souvent supérieurs de 5 à 7 gourdes par rapport au taux officiel. Cette disparité encourage la spéculation et fragilise la politique monétaire de l’institution centrale. La BRH tente de lisser ces variations en injectant ponctuellement des dollars dans le système bancaire.
Pour les entreprises exportatrices, ce taux est une aubaine, car il rend leurs produits plus compétitifs. En revanche, pour les ménages haïtiens, c’est un coup de massue. Le pouvoir d’achat s’érode, et les salaires, libellés en gourdes, peinent à suivre le rythme de l’inflation. Les syndicats réclament déjà une revalorisation des grilles salariales.
Les envois de fonds de la diaspora, estimés à plusieurs millions de dollars par mois, sont le principal soutien de la gourde. À ce taux, un transfert de 500 dollars rapporte désormais plus de 65 000 gourdes, un montant record qui stimule la consommation locale. Toutefois, cette manne n’est pas suffisante pour stabiliser durablement le change.
Les analystes financiers prévoient une période volatile jusqu’à la fin du trimestre. Ils recommandent aux particuliers de diversifier leurs avoirs et de privilégier les comptes en devises. Les entreprises, quant à elles, doivent réviser leurs contrats d’approvisionnement et anticiper une possible hausse des coûts logistiques.
La BRH, par un communiqué, a réaffirmé sa volonté de défendre la gourde. Elle évoque des mesures d’assainissement budgétaire et une meilleure collecte des recettes douanières. En attendant, le taux de 130,4344 restera la référence jusqu’à la prochaine publication, prévue demain mardi.
Ce chiffre n’est pas qu’un simple nombre : il est le reflet des défis structurels d’Haïti. Entre insécurité, baisse de la production agricole et dépendance énergétique, la gourde paie le prix d’une économie sous tension. Les prochains jours diront si cette résistance est durable ou si un nouveau palier sera franchi.

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