La France Sous Surveillance Moody’s Maintient la Note mais Avertit sur l’Avenir

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Le 26 octobre 2024, l’agence de notation financière Moody’s a examiné la situation de la dette de la France, en pleine discussion du budget 2025 au Parlement, où le gouvernement français fait face à une majorité fragile. Malgré le maintien de la note à “Aa2”, un équivalent de 18/20, Moody’s a choisi de modifier sa perspective, passant celle-ci à “négative”. Cette décision, perçue comme un signal d’alarme, suggère que l’agence pourrait revoir à la baisse la notation de la France lors de son prochain examen.

Cet avertissement s’inscrit dans un contexte où le déficit public de la France atteint désormais 6%, un chiffre bien supérieur à la limite de 3% fixée par l’Union européenne. Depuis près d’un an, les finances publiques montrent des signes préoccupants de détérioration, remettant en question les efforts de stabilisation budgétaire. Selon le communiqué de Moody’s, cette mise en garde “reflète la probabilité croissante que le gouvernement français n’adopte pas de mesures susceptibles de limiter les déficits à un niveau acceptable”.

À titre de comparaison, les deux autres principales agences de notation, Standard & Poor’s (S&P) et Fitch, ont déjà attribué à la France une note légèrement inférieure, correspondant à un 17/20. Eric Dor, directeur des études économiques à l’IESEG School of Management, s’est dit surpris de la décision de Moody’s de maintenir une notation élevée. “C’est une position étonnante, surtout quand on observe l’écart avec les évaluations des autres agences, et cela contraste avec l’analyse initiale de Moody’s qui exprime elle-même des doutes quant aux objectifs budgétaires du gouvernement”, explique-t-il.

Pour Moody’s, la prochaine dégradation pourrait survenir si des réformes clés, comme celle des retraites, votée l’année dernière, venaient à être annulées. De son côté, le ministre français de l’Économie a pris acte de cette décision, tout en réaffirmant que la France reste dotée de “solides atouts économiques”. Il a également souligné la capacité de la France à entreprendre des réformes d’envergure, affirmant que des changements récents ont déjà produit des résultats positifs, notamment en termes d’emploi et d’attractivité pour les investissements étrangers.

L’objectif affiché du gouvernement consiste à ramener le déficit public à 5% d’ici 2025, puis à 3% en 2029. Cependant, cette ambition rencontre un scepticisme généralisé, le Fonds monétaire international (FMI) ayant récemment exprimé des doutes quant à sa réalisation. Moody’s partage ce sentiment en insistant sur le fait que le retard dans les réformes fiscales et budgétaires pourrait menacer la trajectoire financière de la France.

La perspective dégradée reflète donc une inquiétude croissante quant à la capacité du pays à respecter ses engagements. La situation actuelle, marquée par une inflation persistante et une croissance économique fragile, rend le contexte plus difficile pour le gouvernement, qui peine déjà à contenir les dépenses publiques. Moody’s surveillera particulièrement la gestion des finances de la France et l’évolution des réformes structurelles pour décider de l’éventuelle révision de la note du pays lors de son prochain examen.

Dans les mois à venir, la France devra montrer des signes concrets de redressement financier si elle souhaite conserver la confiance des agences de notation et des investisseurs.

MACKENSON SYLVAIN

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