Depuis l’élection de Donald Trump et la montée en puissance des idées conservatrices, une tendance notable émerge parmi les grandes entreprises américaines. Sous la pression des mouvements « anti-woke », plusieurs groupes revoient ou abandonnent leurs initiatives liées à la promotion de la diversité et de l’inclusion. Ces politiques, en place depuis des décennies, avaient pour objectif de lutter contre les inégalités, notamment dans le cadre de la discrimination positive introduite dans les années 1960 pendant le mouvement des droits civiques. Aujourd’hui, ces initiatives sont remises en question dans un climat politique polarisé.

L’un des exemples les plus récents de ce phénomène concerne le domaine universitaire. Les conservateurs ont mené une vaste campagne contre les mesures favorisant les minorités et la diversité sur les campus, estimant qu’elles entraînent une discrimination inversée. Cela a poussé certaines institutions à modifier ou à supprimer ces politiques.
En parallèle, la pression ne se limite pas aux universités. Les entreprises et les gestionnaires d’actifs sont également dans le viseur des États républicains. Mardi dernier, une coalition d’une dizaine d’États dirigés par des gouverneurs républicains, dont le Texas, a déposé une plainte contre des géants de la finance comme BlackRock et Vanguard. Ces entreprises sont accusées d’avoir utilisé leur influence pour réduire la production de charbon dans le cadre de politiques environnementales. Les plaignants soutiennent que ces décisions nuisent aux investissements et aux portefeuilles des citoyens américains.
Cette démarche s’inscrit dans une lutte plus large contre l’intégration des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans les stratégies économiques. Pour les conservateurs, cette approche « verte » représente une intrusion politique dans les affaires, détournant les entreprises de leur objectif principal : maximiser les profits.
Face à ces critiques, plusieurs entreprises et institutions prennent des mesures pour éviter de devenir des cibles dans ce contexte de polarisation croissante. Certaines réduisent la portée de leurs initiatives sociales, d’autres choisissent une approche plus discrète pour maintenir leurs engagements en matière de diversité et d’environnement.
Toutefois, cette situation suscite des inquiétudes parmi les défenseurs des droits civiques et de l’environnement, qui voient dans ces reculs un danger pour les progrès réalisés au fil des décennies. Ils avertissent que céder à ces pressions pourrait nuire à la compétitivité à long terme des entreprises et des institutions, alors que le monde entier se concentre de plus en plus sur les enjeux de durabilité et d’inclusion.
Ce bras de fer entre les mouvements conservateurs et les défenseurs de la diversité illustre un débat plus profond sur l’identité et les valeurs de la société américaine. Les mois à venir seront cruciaux pour déterminer si ces changements se poursuivront ou si une contre-réaction permettra de rétablir certaines de ces politiques.