Le président colombien de gauche, Gustavo Petro, a demandé, dimanche 9 février 2025, à ses ministres et hauts fonctionnaires de présenter leur démission. Cette décision intervient après des tensions au sein de son gouvernement, marquées par une réunion houleuse plus tôt dans la semaine. « J’ai demandé la démission protocolaire des ministres et des directeurs des départements administratifs. Des changements seront opérés dans le cabinet pour mieux aligner les actions sur le programme voulu par le peuple », a-t-il déclaré sur X.
Dimanche soir, trois ministres et deux hauts responsables avaient déjà quitté leurs fonctions. Parmi eux, Gloria Ramirez, ministre du Travail, a annoncé sa « démission irrévocable », soulignant que « la politique doit être menée sans sectarisme ni ambiguïté ». Susana Muhamad, ministre de l’Environnement, a également démissionné, qualifiant sa décision de « difficile » dans une interview.

Ces démissions font suite à un Conseil des ministres exceptionnellement tendu, retransmis en direct à la télévision. Durant cette réunion de plus de cinq heures, Gustavo Petro a vivement critiqué ses ministres pour leur manque de progrès dans la mise en œuvre des réformes sociales promises lors de son élection en 2022.
La présence d’Armando Benedetti, chef de cabinet et proche du président, a également suscité des tensions. Plusieurs membres du gouvernement, dont la vice-présidente Francia Marquez, ont exprimé leur désaccord, rappelant que Benedetti fait l’objet d’une enquête pour des irrégularités financières et d’une plainte pour violences sexistes. Susana Muhamad a notamment déclaré : « En tant que féministe, je ne peux pas siéger à la même table qu’Armando Benedetti. »
Ces divisions internes risquent de fragiliser le gouvernement de Petro, déjà confronté à des défis majeurs. Susana Muhamad, considérée comme une potentielle successeure du projet politique de Petro, a quitté son poste avec émotion. Armando Benedetti, bien que proche du président, reste une figure controversée, notamment en raison de son passé non aligné avec la gauche traditionnelle.
Cette crise survient à un moment crucial pour la Colombie, alors que le président doit quitter le pouvoir en 2026. Les réformes ambitieuses promises par Petro, notamment en matière sociale et environnementale, peinent à se concrétiser, ce qui alimente les critiques et les tensions au sein de son administration.
Les prochains jours seront décisifs pour l’avenir du gouvernement colombien, alors que Petro s’apprête à remanier son cabinet pour tenter de relancer son programme politique. Cependant, les divisions profondes et les démissions successives laissent présager des défis complexes à surmonter pour le président et son équipe.