Bolivie : Des soldats boliviens retenus par des partisans de l’ancien chef d’État Evo Morales

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ce samedi 2 novembre, environ 200 soldats boliviens ont été capturés par des sympathisants de l’ex-président Evo Morales. Cet incident s’est produit suite à l’attaque de trois bases militaires dans le cadre de manifestations qui durent depuis vingt jours, comme le rapporte le ministère des Affaires étrangères. Ces tensions, localisées dans le département de Cochabamba, viennent exacerber les conflits entre les partisans de Morales et les autorités actuelles.

Les manifestants, fidèles à l’ancien dirigeant, ont bloqué des axes routiers clés, perturbant la distribution de vivres et de carburant. Ce blocage, au niveau de Parotani, dans la région de Cochabamba, intensifie les frictions politiques au sein de la Bolivie, mettant aux prises Morales et le président en fonction, Luis Arce, autrefois son allié. Le gouvernement a donc déployé des troupes pour soutenir les forces de l’ordre et tenter de lever les barrages.

Selon un communiqué officiel diffusé vendredi 1er novembre, « des groupes non identifiés ont pris d’assaut trois installations militaires dans la région de Chapare, capturant plus de deux cents soldats et s’emparant également d’armements et de munitions ». Le ministère de la Défense a confirmé l’enlèvement des soldats, tandis que des vidéos locales montrent une quinzaine de militaires cernés par des villageois armés de bâtons aiguisés. Dans ces enregistrements, un soldat explique que le « régiment du Cacique Maraza a été assiégé, l’eau et l’électricité ont été coupées, et nous sommes pris en otage ».

La région de Chapare, où les Tipnis, population indigène loyale à Morales, exercent une forte influence, est au cœur de ce mouvement. Ancien cultivateur de coca, Evo Morales reste un symbole pour cette communauté, ayant été le premier président indigène du pays entre 2006 et 2019.

Face à cette crise, Morales a entamé une grève de la faim vendredi, appelant le gouvernement à établir des plateformes de dialogue politique et économique. Les manifestations ont commencé le 14 octobre, les partisans de Morales protestant contre ce qu’ils perçoivent comme une répression judiciaire ciblée. Morales, qui ambitionne de reprendre la présidence malgré une décision de justice qui l’en empêche, accuse le gouvernement de persécutions.

Ces derniers jours, la situation s’est intensifiée. Outre le retour de Morales au pouvoir, les manifestants exigent désormais la démission de Luis Arce, qu’ils jugent responsable des difficultés d’approvisionnement en carburant, conséquences d’un manque de devises pour l’importation. Luis Arce, élu en novembre 2020, a rompu avec Morales, et les deux figures se disputent aujourd’hui la direction de la gauche bolivienne et la nomination pour l’élection présidentielle de 2025.

En parallèle, Morales est sous le coup d’une enquête pénale pour des accusations de viol sur une mineure, faits qu’il dément. Tandis que la crise prend de l’ampleur, l’armée et la police bolivienne poursuivent leurs efforts pour rétablir l’ordre et garantir la circulation des biens essentiels dans tout le pays.

MACKENSON SYLVAIN

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