Dans le cadre des 16 jours d’activisme contre la violence basée sur le genre, l’Office de la Protection du Citoyen (OPC), en partenariat avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a organisé un atelier de consultation le lundi 9 décembre 2024, à l’hôtel Montana. Cet événement, centré sur le thème « Comment garantir l’accès à la justice pour les victimes de violences sexuelles », visait à mobiliser les acteurs étatiques autour des défis liés à l’accès à la justice pour les femmes et les filles victimes de violences basées sur le genre (VBG).


Objectifs et Enjeux de l’Atelier
Le Protecteur Adjoint, Me Amoce Auguste, représentant le Protecteur du Citoyen, Jean Wilner Morin, a mis en avant l’importance de cette initiative. L’objectif principal est de pousser les autorités compétentes à adopter des mesures concrètes pour éradiquer les violences faites aux femmes et aux filles, notamment en garantissant un accès effectif à la justice. Cependant, il a exprimé ses préoccupations face à la dégradation de la situation sécuritaire en Haïti, qui rend difficile l’accès aux services d’accompagnement, surtout dans les quartiers défavorisés.
Me Auguste a déploré l’absence de réponses adéquates de la part des institutions judiciaires et policières, qui peinent à lutter contre l’impunité dont jouissent les auteurs de ces violences. Il a rappelé les efforts déployés par l’OPC en collaboration avec diverses institutions, citant notamment un mémoire présenté à la Commission des droits de l’homme lors de sa 171e session, ainsi que des enquêtes menées dans les départements de la Grand’Anse et du Nord-Est.
Une Situation Alarmante Selon le PNUD
Mme Djena Félix Désir, représentante du PNUD en Haïti, a dressé un constat préoccupant de la situation des droits des femmes dans le pays. Elle a souligné l’impact négatif de la prolifération des gangs, de la désorganisation du système judiciaire et des lacunes de la Police Nationale d’Haïti en matière de prévention et de répression des crimes. Face à cette réalité, Mme Désir a réaffirmé l’engagement du PNUD à continuer de soutenir les efforts des partenaires locaux pour restaurer la confiance des citoyens envers le système judiciaire haïtien.
Éclairages et Recommandations
Pour orienter les débats, le professeur James Moyard a introduit un cadre conceptuel en identifiant des facteurs clés favorisant les violences de genre. Il a notamment évoqué le poids des stéréotypes machistes, un chômage féminin élevé de 30 %, et des pratiques illégales telles que la corruption et les accords à l’amiable. Ces éléments, a-t-il expliqué, augmentent la vulnérabilité des femmes et des filles face aux agressions sexuelles.
À travers des discussions en groupes, les participants ont abordé des thèmes cruciaux tels que le rôle des organisations de la société civile dans le plaidoyer pour l’accès à la justice, les responsabilités du système judiciaire, et la nécessité de réformes institutionnelles et législatives. Ces échanges ont permis de formuler des recommandations stratégiques, qui serviront de base pour des actions de plaidoyer auprès des instances compétentes.
Engagements et Perspectives
En clôturant la journée, Me Jude Jn Pierre, directeur de cabinet du Protecteur du Citoyen, a remercié le PNUD pour son appui constant et a salué la contribution des magistrats, des agents de la PNH, des représentants de la société civile et des médias. Il a exprimé le souhait que ces échanges se poursuivent afin d’instaurer des solutions durables et efficaces pour garantir l’accès à la justice aux victimes de violences basées sur le genre.
Une Mobilisation Essentielle
Cet atelier, marqué par des échanges constructifs, illustre l’engagement des différents acteurs en faveur de la lutte contre les violences basées sur le genre en Haïti. À travers des initiatives comme celle-ci, l’OPC et ses partenaires réaffirment leur volonté de faire avancer les droits des femmes et des filles, malgré les défis posés par le contexte sécuritaire et institutionnel du pays.