Port-de-Paix : Entre inondations meurtrières et abandon des autorités

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La ville de Port-de-Paix, surnommée la cité de Capois-La-Mort, est actuellement frappée par une catastrophe naturelle d’une gravité alarmante. Des pluies torrentielles, qui se sont abattues sur la région, ont causé des inondations dévastatrices. Quatre personnes ont tragiquement perdu la vie, tandis que plusieurs autres sont portées disparues, plongeant les familles dans une angoisse insupportable. La situation est d’autant plus préoccupante que de nombreux habitants, dont les maisons ont été envahies par les eaux, sont laissés à eux-mêmes, sans véritable assistance.

Malgré l’ampleur du drame, les habitants de Port-de-Paix se sentent abandonnés par les autorités compétentes. Les secours tardent à arriver, et aucune intervention d’envergure n’a encore été initiée pour soulager les souffrances de cette population sinistrée. Pourtant, le gouvernement avait annoncé un fonds de plus d’un milliard de gourdes destiné à venir en aide aux personnes les plus vulnérables. Jusqu’à présent, ces promesses restent lettre morte, et les habitants continuent de faire face à cette crise avec des moyens limités.

Paradoxalement, alors que les sinistrés attendent désespérément une aide concrète, des entreprises proches du pouvoir ont bénéficié de plusieurs millions de gourdes pour distribuer des kits alimentaires. En outre, un chèque de plus de 200 millions de gourdes a été émis en faveur d’une banque commerciale afin de financer la distribution de cartes cadeaux. Cependant, ces mesures semblent largement insuffisantes, voire mal dirigées, face à l’urgence de la situation. Les critiques fusent, accusant les autorités de prioriser des opérations symboliques ou politisées, au lieu de répondre efficacement aux besoins immédiats des victimes.

Au-delà des inondations, la ville de Port-de-Paix subit une crise chronique depuis plusieurs années. Voilà maintenant trois ans que cette commune vit dans un black-out total, aggravant encore plus les difficultés des habitants en ces temps de crise. Ce manque d’électricité rend presque impossible la coordination des secours et le retour à une vie normale pour les sinistrés. Les infrastructures, déjà précaires, sont aujourd’hui totalement submergées, ajoutant une couche de complexité à la gestion de cette catastrophe.

La détresse de Port-de-Paix met en lumière les failles de la gouvernance et l’absence de planification pour faire face aux catastrophes naturelles. Alors que les pluies s’intensifient à cette période de l’année, les autorités sont appelées à agir rapidement pour éviter que la situation ne se détériore davantage. La population, déjà épuisée par le manque de soutien, espère des actions concrètes et transparentes pour sortir de ce cauchemar.

En attendant, les habitants de cette ville courageuse se mobilisent avec les moyens du bord pour aider leurs proches et voisins. Mais sans un appui réel et efficace des autorités, Port-de-Paix semble condamnée à sombrer encore davantage dans le chaos et l’oubli. Le temps presse, et seule une réponse immédiate, coordonnée et sincère pourra redonner espoir à cette communauté meurtrie.

MACKENSON SYLVAIN

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